MAKTOUB

Premiers instants

Je sors de l’aéroport après un vol tout en douceur.

La chaleur me frappe instantanément.

De ce voyage, je recherche un ressourcement et un apaisement absolu.

Sur ma route, j’ai pour but la rencontre de l’humain et son authenticité.

Il suffit d’une minute pour que tous les taxis se jettent sur moi. 

On m’avait avertie que les prix étaient toujours à débattre ici. 

Une fois négociation faite, je me place dans la voiture, appareil photo au cou et je me noie dans ces nouveaux paysages oranges et épicés. 

Direction le Riad, mon nouvel habitat pour la semaine.  

Au milieu des souks

Je me laisse guider par ce labyrinthe de ruelles colorées et par les gens que j’y rencontre.

Mon boîtier et mon regard liés, je capture tous ces moments qui jaillissent devant moi.

En poussant au Nord de la Médina et sans avoir rien demandé, je me retrouve à l’intérieur des tanneries.

Comme cadeau d’entrée, un bouquet de menthe qui fait office de masque à gaz. 

L’odeur et le paysage de peaux et de graisses sont peu agréables mais je me laisse prendre au jeu. 

Je m’abandonne à toutes ces rues qui se croisent et continue mon chemin en recherche d’images. 

Des visages et des regards, du mouvement, des enfants qui jouent, des hommes qui travaillent. 

La nuit tombe.

Sur la route

Dans un taxi, en direction d’Ouzoud, je me laisse bercer par l’immensité des paysages qui m’entourent et par le soleil qui réchauffe tendrement mes joues.

Je me sens bien.

Ici, il n’y a pas vraiment de règles pour la conduite.

Abdoul, mon guide, ancien maitre d’auto-école me dit en plaisantant que ce n’est pas de sa faute si à Marrakech, les habitants conduisent ainsi.

Je souris.

Objectif soudé à la fenêtre, je pars à la conquête de clichés volés.

1600 m d’altitude

Les montagnes m’ont fait rencontrer Saïd.

Il se présente en me racontant que son prénom signifie heureux et que de ce fait, nous passerons un moment heureux ensemble.

En parcourant l’Atlas, je me rapproche des villages Berbères.

L’altitude se fait ressentir par mes oreilles qui se bouchent petit à petit.

Je m’arrête face au plus grand sommet de l’Afrique du Nord, le mont Toubkal.

Je me sens libre.

Entourée de montagnes, j’admire l’immensité et le calme qui s’y repose.

Saïd me dit qu’il au croit au destin «Maktoub» et que pour lui le Maktoub nous a fait nous rencontrer nous et les montagnes.

A 1600m d’altitude, j’entre au cœur d’un village et je vais à la rencontre de l’autre.

Une petite fille au loin me fait signe de la main, je lui retourne un bisou.

A quelques mètres sur ma droite, j’aperçois un groupe d’enfants courant vers moi.

Fascinés par mon appareil et en demande d’images, je les photographie.

Ma gorge se noue, je suis émue.

Dernier instants

À travers la fenêtre de la voiture, cheveux aux vents, je profite de la chaleur sur mon visage.

Pour cette dernière nuit, je pars admirer le coucher de soleil Marocain.

Assise sur le bitume en position tailleur, j’admire la nuit qui s’avance et les couleurs du ciel qui dansent. 

Une vague de paix et de sérénité s’abandonne délicatement en moi.

Le soleil s’incline paisiblement et se rapproche de l’horizon. 

C’est le temps des adieux. 

Je ferme les yeux et le silence prend place.